
uelles
sont les origines exactes de l'autisme et corollaire quelles sont
les prises en charge thérapeutiques les plus adaptées pour venir au
mieux en aide aux personnes souffrant de cette affection hautement
handicapante qui touche entre 60 000 et 80 000 personnes en France ?
Cette question fait, depuis plusieurs décennies, l'objet d'une
controverse récurrente. Celle-ci oppose, schématiquement, les tenants
d'une approche psychanalytique à ceux qui postulent que les syndromes
autistiques sont la conséquence de troubles organiques et la résultante
d'anomalies du développement neurologique. Ces derniers temps, la
controverse semblait en voie de perdre de son intensité, des
psychanalystes et des neurobiologistes cherchant à trouver des voies
d'approche complémentaires (
Le Monde du 18 mai).
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Un appel aux familles concernées |
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L'association
reconnue d'utilité publique Fondation autisme, agir et vaincre vient de
lancer un appel aux familles directement concernées par l'autisme. Elle
les incite à faire un don d'ADN, dans le but de contribuer au
développement des recherches biologiques sur cette affection qui
comporte une dimension génétique. Une collection d'échantillons
sanguins est en cours de constitution. Des données recueillies auprès
des familles ayant un ou plusieurs enfants atteints d'un syndrome
autistique
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Toutefois, en saisissant de cette question,
courant juillet, le Comité consultatif national d'éthique pour les
sciences de la vie et de la santé (CCNE), les responsables de quatre
associations de familles touchées par cette affection ont choisi de
relancer la controverse.
"Le but de cette saisine est d'attirer
l'attention du CCNE sur la situation très préoccupante vécue par les
personnes atteintes d'autisme et leur famille en France" , explique
Martine Ferguson, présidente de Fondation Autisme, agir et vaincre,
l'une des quatre associations concernées, avec Pro Aid Autisme, Autisme
sans frontières et Asperger Aide.
Mme Ferguson
rappelle que la France a été condamnée, en mars 2004, par le Conseil de
l'Europe à la suite d'une plainte déposée par plusieurs associations
pour non-respect de la Charte sociale européenne dans la prise en
charge des personnes souffrant d'autisme.
"TRAITEMENTS OBSOLÈTES"
"Les
traitements des personnes autistiques par des méthodes de psychiatrie
psychanalytique trop souvent utilisées en France sont obsolètes et
abandonnés depuis de nombreuses années, notamment aux Etats-Unis et
dans les pays scandinaves , peut-on lire dans le texte de la saisine du CCNE. En
revanche, les causes organiques de l'autisme ont conduit à développer
dans ces pays, depuis plus de 40 ans, de nouvelles expériences
éducatives et des projets thérapeutiques et éducatifs intégrant les
données de la psychologie cognitive et de l'analyse comportementale. "
Les
associations estiment, en outre, que les méthodes de thérapies
comportementales et cognitives (centrées sur le symptôme) ayant prouvé
leur efficacité et étant préconisées par l'Organisation mondiale de la
santé (OMS) sont trop peu utilisées en France et que les établissements
qui y ont recours sont trop peu nombreux. A ce titre, elles qualifient
de "surprenant" et d'"inadmissible" le fait que Philippe
Douste-Blazy, alors ministre de la santé, ait retiré du site de son
ministère un rapport de l'Inserm affirmant l'efficacité de ces méthodes
cognitivo-comportementales et leur supériorité sur les approches
psychodynamiques et psychanalytiques (Le Monde du 8 février).
"Plusieurs
aspects de la prise en charge et des programmes d'accompagnement
proposés aux personnes autistes et à leur famille ne sont pas en accord
avec les valeurs d'éthique dignes de notre pays, estiment les associations. Bien
que l'autisme soit un désordre biologique avec une origine organique,
nous constatons que l'insuffisance quantitative et qualitative de la
formation des professionnels et de la prise en charge conduisent à
mettre dès l'enfance la majorité des personnes autistes dans des
structures incompatibles avec cette population. "
Ils espèrent qu'un avis du CCNE "aidera
à changer le sort des personnes autistes exposées à l'exclusion,
contribuera au respect par la France de ses obligations éducatives à
l'égard de ces personnes et favorisera la création d'institutions
éducatives adaptées permettant leur meilleure intégration dans notre
société".