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A 15 mois, le sourire d’Adrien s’est éteint.
Alors
qu’il nous avait semblé être un bébé heureux au développement
harmonieux et qui commençait à dire quelques mots, Adrien sombra alors
dans un état où plus aucun son ne sortait de sa bouche, il ne regardait
plus personne dans les yeux, fuyant mon regard et celui de ses proches,
n’acceptant plus qu’au prix d’effroyables hurlements la moindre
tentative de contact physique.Ses
occupations devinrent vite alarmantes : il pouvait jouer des
heures et des heures à empiler ses cubes et à les jeter, les
empiler et les jeter encore et encore… il allait sans raison apparente
jusqu’à se frapper le visage de ses mains ou se jeter avec élan contre
les murs…
Plus de signes qu’il n’en fallait pour diagnostiquer l’autisme.
Nous
avons dû pourtant endurer plus de 3 années d’errance, de désespoir et
de culpabilisation avant d’obtenir enfin un diagnostic d’autisme nous
permettant de reprendre en mains la destinée d’Adrien.
Ce sont des familles qui nous ont donné de
l’espoir, au travers de leurs enfants, certes autistes, mais scolarisés
et suffisamment autonomes malgré leur différence pour laisser envisager
une vie d’adulte en environnement ordinaire.
Nous avons trouvé alors la force de refuser les pronostics les plus sombres pour notre fils.
Dans le cas de l’autisme, un diagnostic n’est pas un pronostic.
L’information
disponible sur Internet sur les techniques ré-éducationnelles efficaces
appliquées hors de nos frontières, nous a permis de résister face à la
maladie de notre fils.
L’immense travail fournis par de rares
professionnels en France formés aux prises en charges éducatives
efficaces est en train de remettre Adrien « sur les rails ».
Formés
pour faire travailler Adrien chez lui sur tous les domaines de son
développement ( l’autonomie, la motricité, l’imitation, la
communication …), Adrien a rattrapé 2 années de développement dans
certains domaines en moins d’un an !
Aujourd’hui, Adrien vient de fêter ses 8 ans, et va à l'école !
Alors
qu’il commence à peine à parler, Adrien va au CP du quartier à temps
partiel avec une accompagnatrice formée à l’autisme, suit le programme
en mathématiques, apprend à lire et à écrire, est invité chez des
copains, fait des jeux vidéos avec sa sœur et surtout, il ne compte pas
les signes de tendresse qu’il nous manifeste…
La route est encore longue, mais nous savons où nous allons.
Catherine Stranieri-Chavy Maman d’Adrien Présidente de la Fondation Autisme, Agir et Vaincre
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